Les meilleures enceintes autour des 10.000 € ?

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Ce n’est un secret pour personne, les Harbeth SHL5+ sont mes enceintes ‘étalon’.

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Jusqu’à présent, les seules enceintes dans la gamme des 10.000 € qui puissent s’en approcher étaient les Gato FM6, conçues par l’ancien ingénieur Gamut responsable des fameuses L5 et L7.

Elles utilisent les haut-parleurs Revalator, haut-de-gamme de la marque Scan Speak, référence en termes de haut-parleurs. Ces enceintes cumulent un très grand nombre de qualités généralement contradictoires : graves profonds et rapides, scène sonore ample et précise, timbres avec beaucoup de densité et précision de l’aigu sans la moindre dureté.

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Les qualités que doivent avoir les enceintes acoustiques sont très nombreuses : linéarité de réponse, timbres, dynamique, transparence, scène sonore, faible distorsion, réponse impulsionnelle,…

La capacité des Gato à respecter au mieux chacun de ces critères est très impressionnante.

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Mais les Harbeth restent toujours insurpassés sur la beauté du médium et l’intégration des différentes voies : richesse harmonique, densité des timbres, absence d’agressivité…

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Quel prix faut-il mettre pour une enceinte qui fasse mieux que les Harbeth SHL5+ sur les critères de dynamique et de transparence, sans perdre leurs qualités de médium ? A ce jour, je ne l’ai pas trouvée mais je ne désespère pas !

Différentes enceintes seront testées au fil des mois, je posterai compte-rendus et photos au fur et à mesure.

 

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Suite à la demande de clients, et à un excellent test dans le magazine Diapason, j’ai rentré les nouvelles Fostex G1003MG (10.980 € la paire) pour un essai comparatif. Leurs trois membranes de graves en magnésium ne font que dix centimètres de diamètre, et se distinguent par leur forme exclusive

(ci-dessous à gauche) :

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Le rendu des Fostex est très fruité, comme un vin Sauternes ! Très beaux timbres, richesse harmonique impressionnante,…

Mais les Harbeth restent supérieures sur ce critère : ses timbres sont au moins aussi beaux et riches, mais beaucoup plus neutres.

Malgré le faible diamètre des haut-parleurs, le grave des Fostex est plus ‘profond’, mais un peu moins précis – et avec moins d’impact – que celui des Harbeth.

Belle définition dans le haut du spectre avec la relative douceur du tweeter en Magnésium. On reste malgré tout assez loin des qualités d’expressivité du médium d’une Reference 3A par exemple.

En résumé, même s’il existe d’autres enceintes qui fassent mieux sur certains critères très précis, les Fostex font parties des enceintes les plus musicales de leur catégorie.

Leur ‘matière’ leur permet de soutenir la comparaison avec des Kef Reference ou B&W Nautilus, mais avec un haut du spectre plus nuancé que les Kef,

et mieux intégré qu’avec les B&W… Une très belle découverte !

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Il est toujours étonnant de s’apercevoir à quel point les opinions peuvent changer, une fois passé le plaisir de découvrir une autre esthétique sonore…

C’est d’ailleurs toute la difficulté majeure pour un particulier de bien choisir son système : ce qui plaît à la découverte d’une nouvelle enceinte se révèle souvent être une coloration,

sur laquelle on focalise très rapidement, ce qui empêche de ‘rentrer’ dans la musique. Cela explique le foisonnement du marché de l’occasion !

80 % du signal musical se trouve dans le médium, mais ce qui accroche en premier la majorité des audiophiles, c’est un grave abyssal, ainsi que la (sensation de) dynamique et transparence.

Ces artifices psycho-acoustiques bien connus (B&W en est le maître), utilisés pour ‘vendre le produit’, créent de nombreux problèmes : effet de masque sur le médium, agressivité sur les voix,…

Les deux critères essentiels concourant au plaisir musical sont le respect des timbres (c’est au travers d’une vraie neutralité qu’on découvre la richesse harmonique),

et de la phase acoustique (seul moyen d’obtenir une scène sonore réaliste, et donc d’y croire ! ).

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Je teste également pour l’instant les Wilson Benesch Square 5 (12.550 € la paire), dérivées des grandioses Cardinal à 78.000 € …

dont elles reprennent l’essentiel des caractéristiques : haut-parleurs et renforts en carbone, médium non filtré (comme chez Reference 3A), charge Isobarik, configuration Troïka, etc :

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Et les très réputées Wilson Benesch Vector (11.500 € la paire), ci-dessous à gauche des Gato FM6, qui utilisent le carbone, pour les haut-parleurs mais également pour la caisse :

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Les graves sont d’une rapidité inouïe, dans l’esprit d’une Magico.

L’expressivité et la sensation de ‘vitesse’ sont extrêmement impressionnantes.

Le bas-médium des Square 5, un peu plus présent que celui des Vector, rend la scène sonore encore plus palpable.

Les hautes fréquences, sans emphase, sont ciselées, avec toujours cette sensation de très grande liberté.

En comparaison directe, l’aigu un peu plus mois présent des Square 5 leur donne une plus grande tolérance sur la qualité – souvent irrégulière – des enregistrements.

Comme toujours, il s’agit de trouver le juste équilibre entre de nombreux compromis !

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 Ci-dessous, les Wilson Benesch et Gato semblent très logeables à côté d’une de mes anciennes références (enceintes que j’avais développées sur base des Dunlavy SCIVa) !

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A l’essai aussi les nouvelles Monitor Audio Platinum PL300 II (11.000 € la paire) :

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Le grave est « abyssal » ! On obtient ainsi une densité et une sensation de matière inhabituelle…

Ce côté physiologique est très flatteur à bas niveau, mais le local d’écoute est rapidement surchargé lorsque le niveau monte un peu.

Ces enceintes ne sont pas exploitables dans mon local de 40 m², il faudrait selon moi au moins le double pour obtenir un équilibre satisfaisant.

Le médium est plutôt en retrait, certaines harmoniques sont donc un peu masquées. Heureusement, le tweeter MPD (qui est en fait un ‘air motion transformer’, dérivé du Heil) n’a aucune agressivité et apporte à l’ensemble une matité intéressante.

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Mais on reste bien loin de la liberté et de la dynamique des Wilson Benesch… ou des timbres et de l’expressivité des Harbeth !

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Nouvelles venues, les Kii Three (10.150 € la paire), qui font un gros buzz sur la toile.

Douze amplificateurs de 250 watts, 8 woofers, filtrage actif digital, DAC 24 bits / 192 kHz …

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Elles ne font que 40 x 20 x 40 centimètres, mais descendent à 19 Hz … aucunes des autres enceintes précédemment testées ne s’en approchent !

Jusqu’à ce jour, il n’était possible de contrôler la directivité que dans le médium-aigu.

La Kii, grâce à ses 4 woofers en configuration ‘cardioïde’ et ses filtrages digitaux, est la première enceinte au monde à posséder une directivité contrôlée dans les basses fréquences.

C’est une véritable révolution acoustique, impossible à réaliser en technologie traditionnelle.

Même placées à moins de dix centimètres du mur arrière, aucune redondance ni surcharge du local, quel que soit le niveau.

 

Les Kii étant corrigées digitalement, la linéarité aussi établi un nouveau record : 19 à 25.000 Hz dans une plage de plus ou moins un demi décibel, soit six fois mieux qu’une enceinte traditionnelle.

Il n’y a donc pas le classique effet de masque sur le médium, qui reste parfaitement lisible. La neutralité est exceptionnelle.

Malgré une mise en œuvre basique :  streamer Bluesound Node 2 (549 €) et câble AES de base (40 €), on obtient déjà une matière, une linéarité, une transparence et un respect de la phase que je n’avais jamais entendus dans cette gamme de prix.

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Mais les Square 5 restent toujours devant en terme d’expressivité, et les Harbeth gardent une petite longueur d’avance sur les timbres.

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Il faut bien s’amuser de temps en temps, et prendre des repères…

Test des Wilson Benesch Endeavour et du générateur Torus, sur les électroniques CH Precision :

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Un beau petit système, à la sonorité déroutante. 150.000 € tout de même ! 

 

Également à l’essai, les électroniques Audionet AMP I v2 (6.590 €) et PRE I g3 (4.690 €).

 

Mais, comme suite à l’écoute des Focal Sopra et Utopia, trop de choses me manquent.

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Puis je reçois enfin la nouvelle version des légendaires Harbeth M40 :

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Première très grosse surprise, elles sont infiniment plus faciles à placer et à alimenter que les anciennes versions.

Premier essai, simplement avec le streamer Antipodes et le GATO DIA250s : magnifique !

Le grave présente une force, une dynamique, une densité que je ne connaissais pas…

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Je comprends que Mike Bovaird, le boss d’ Audioshark.org, ait revendu ses Wilson Audio Alexia (61.500 €) pour des Harbeth M40…

Enfin des timbres supérieurs aux SHL5+, et un grave digne des enceintes extrêmes.