La musique dématérialise se concrétise !

Evolution
.

Les limites du lecteur CD sont connues depuis longtemps : résolution qui plafonne à 16 bits/44 kHz, problèmes de correction d’erreurs, de jitter, …

Pour dépasser ces limites, la solution consiste à ‘dématérialiser’, c’est-à-dire enregistrer la musique sur un disque dur sous la forme d’un fichier.

.

Jusqu’à présent, par manque d’alternatives suffisamment puissantes, les PC régnaient en maître. Mais n’étant pas du tout conçus à la base pour l’audio (quand on connaît l’importance de la qualité d’une alimentation ou d’un étage de sortie…), et intrinsèquement inaptes à reproduire toutes les finesses d’un signal musical, leurs utilisateurs se plaignaient de ne pouvoir atteindre la qualité d’un lecteur CD. Manque de matière et de finesse, hautes fréquences agressives, scène sonore confuse, … bref un son très ‘numérique’.

Aujourd’hui, même les ordinateurs les plus performants en audio (Mac Mini+Mac Platform+USB Power/converter/Lightspeed+Audirvana+…) sont dépassés par les lecteurs de réseaux. Tous les tests le confirment (Six Moons, DAR, Positive Feedback, …).

.

Je privilégie donc dorénavant l’achat d’un lecteur de réseau sur celui d’un lecteur CD.

.
Qu’est-ce que la musique dématérialisée ?
.

Avec un lecteur CD, la musique est gravée sur un support physique, le disque compact.

Avec la musique dématérialisée, celle-ci est stockée dans un fichier informatique, dont on distingue 3 formes :

Le ‘ripping ‘ vous permet d’enregistrer votre collection de CD, sur un disque dur.

Le ‘download’ vous permet de ‘télécharger’ la musique se trouvant sur internet ou un disque dur.

Le ‘streaming’ : dans ce cas, les fichiers ne sont pas enregistrés sur un disque dur, mais lus au travers d’internet. Vous accédez directement à des millions d’albums (Tidal, Qobuz, Spotify, …), ou à des milliers de radios internet (des radios FM, mais aussi la BBC, France Culture ou France Musique, …).

.

Pourquoi dématérialiser sa musique ?

.

Avec un lecteur CD traditionnel, les données sont lues et reproduites en temps réel. L’appareil n’a donc pas le temps de revenir en arrière lorsqu’une erreur de lecture se produit. Il tente alors de masquer le problème par extrapolation.

Avec la musique dématérialisée, outre les avantages pratiques (gain de place, facilité à retrouver ses albums, échanges entre amis,…), il existe deux réels avantages qualitatifs :

  • lorsque vous ‘rippez’ un CD, le processus se fait en ‘bit perfect’ : à chaque erreur de lecture, un processus de relecture garantit qu’aucune donnée corrompue ne soit stockée sur le disque dur (le temps nécessaire au ‘ripping’ varie donc en fonction de l’état du CD à enregistrer; généralement de l’ordre de cinq minutes).
  • la dématérialisation permet de dépasser la limite technique du CD (16 bits/44 kHz) : des sites comme Qobuz proposent des fichiers en qualité ‘Studio Master’ 24 bits / 192 kHz..

.

Quel modèle choisir ?

.

Les appareils permettant le ‘streaming’ et le ‘download’ sont nombreux.

En entrée de gamme, le Bluesound Node 2i (549 €) est clairement la référence. Il peut se connecter à pratiquement tous les sites de musique en ligne (Tidal MQA, Qobuz, Spotify, Deezer, Amazon Alexa, radios internet, …).

Il intègre un DAC compatible avec la haute définition en 24 bits / 192 kHz, et peut être connecté en Wifi, Ethernet, AirPlay 2, Bluetooth aptX HD, … Son application est extrêmement stable et simple d’usage.

Avec cette nouvelle version 2i, il dépasse très largement le Sonos Connect, dont la piètre qualité du convertisseur et l’incompatibilité avec les fichiers en haute définition, sont inacceptables aujourd’hui.

Il dépasse aussi maintenant l’Auralic Aries Mini : meilleure tenue du grave, meilleure résolution, application plus conviviale, compatibilité IOS et Android (uniquement IOS pour l’Auralic), …

J’ai également essayé les Yamaha MusicCast, Pioneer N30 et autres marques ‘grand public’, ils souffrent tous d’une sonorité ‘numérique’ qui se traduit principalement par un manque de finesse et de nuances, surtout dans les hautes fréquences…

.

Par contre, les appareils permettant également le ‘ripping’ sont beaucoup plus rares. 

.

Le maître achat à l’heure actuelle est l’Innuos Zen Mini MKIII. Il fait absolument tout, et vraiment extrêmement bien, pour 1.099 € !

InnuosZenMiniMk3

– ‘rippeur’ intégré, permettant d’enregistrer plus de 2.000 CD  sur son disque dur HD de 1 To.

(aussi disponible en version 2 To -plus de 4.000 CD- à 1.199 €, ou 4 To -plus de 8.000 CD- à 1.399 €).

– ‘streamer’ Qobuz, Tidal MQA, Spotify, radios internet,…

– DAC 24 bits / 192 kHz.

– compatibilité DSD, MQA, Roon, …

Pour situer le niveau de cet appareil, il dépasse un Melco N1A ou Aurender Serie 100, deux à trois fois plus chers…

.

Dans la gamme supérieure, l’Innuos Zen MKIII passe à 2.299 €. Il ne possède plus de DAC, il faut donc lui adjoindre idéalement un Chord Qutest (1.495 €).

Par rapport au Zen Mini, il intègre une alimentation linéaire. A l’écoute, le grave est plus contrôlé et varié, le médium plus expressif, et le haut du spectre plus propre et nuancé.

La scène sonore gagne également tant en dimension qu’en précision et en stabilité sur les passages complexes.

Qualitativement, il fait mieux qu’un Melco N1Z ou qu’un Aurender Serie 10. Et jeu égal avec un Antipodes DX !

.

Dans le haut de gamme, ma référence actuelle est toujours un Innuos : le Zenith MKIII à 3.749 €. Avec ses alimentations stabilisées et son disque dur SSD, on entre dans une autre catégorie : les marques comme Melco, Aurender, Lumin, Antipodes … sont dépassées.

Déjà fabuleux avec le petit Dac Chord Qutest, ses qualités exceptionnelles lui permettent d’être associé avec les meilleurs DAC actuels, sans limite de prix, tels les Chord Hugo TT2 ou Dave.

Sa finesse de restitution, la précision ultime de sa scène sonore… vous feront vite remiser votre lecteur CD haut-de-gamme aux oubliettes.

Et sa partie ‘streaming’ est meilleure que celle d’un Auralic Aries G1 ou d’un Vega G2 !

.

NB : tous les appareils possédant un disque dur doivent être raccordés à votre routeur (BBox, …) par l’intermédiaire d’un câble Ethernet.

S’il ne vous est pas possible de tirer un câble, vous pouvez utiliser des CPL (je recommande le Devolo Magic 1).

Une application est nécessaire pour les commander. Chez Innuos, il faut utiliser iPeng9 sous IOS, ou Squeeze Orange sous Android (9,99 €). 

.

Bien entendu, de plus en plus de marques commencent à proposer des amplificateurs intégrant un module ‘streamer’.

Chez NAD par exemple, avec le C338 à 699 €, ou le nouveau M10 à 2.999 €.

Chez NAIM également, avec l’Atom HDMI à 2.699 €, le Star à 4.350 €, ou l’ampli/préampli NAP250DR/N272 à 9.475 € !

J’en ferai les comparaisons dans un prochain article.

.

De plus en plus d’appareils sont compatibles avec Roon, une interface très conviviale (mais chère…) pour faire vos recherches dans votre disque dur, ou sur Tidal et Qobuz.

Cette interface permet en outre de corriger digitalement la courbe de réponse de votre système, avec des résultats parfois spectaculaires !

 

.

2-visu-logo

.

Le streaming est-il aussi performant ?

Le CD, avec son échantillonnage 16 bits / 44 kHz, permet un flux de 1.411 kbps (nombre d’informations transmises par seconde).

La qualité en streaming varie beaucoup selon les sources :

160 kbps pour Spotify (moins bon que le mp3…)

256 kbps pour Apple Music (moins bon que le mp3…)

320 kbps pour Spotify Premium (équivalent au mp3)

1.411 kbps pour Tidal ou Qobuz (qualité CD)

A titre de comparaison, on arrive à 9.216 kbps pour un fichier dématérialisé en 24 bits / 96 kHz !

.

On a donc, en terme de qualité de restitution, du meilleur au pire :

  1. le fichier dématérialisé en haute définition (24 bits/192 kHz Studio Masters).
  2. le CD ‘rippé’.
  3. le CD reproduit par un lecteur CD haut-de-gamme.
  4. le streaming Tidal ou Qobuz, équivalent à un lecteur CD ‘standard’.
  5. le streaming ‘grand public’ (Spotify, Apple Music,…).

.

Ripper sur un simple ordinateur, ou sur un serveur audio ?

Le transfert de données du disque dur vers un lecteur de réseau s’effectue via Ethernet en TCP-IP. Ce protocole garantit l’intégrité des données transmises aux DAC.

Le flux de données numérique ne sera donc pas altéré, qu’il soit enregistré sur un disque dur, chez vous, ou qu’il fasse le tour de la terre par internet !

Sauf que jusqu’ici, on n’a pas tenu compte du jitter…

.

Le problème du ‘jitter’ :

On entend souvent dire ‘Bits are bits’ : la musique numérique est une succession de bits (0 et 1), il ne devrait donc y avoir aucune différence entre différents appareils…

Sauf que la théorie du signal suppose que la lecture de ces échantillons doit se faire à intervalles réguliers !

Or la technologie actuelle ne parvient pas à assurer cette régularité. Cette erreur de régularité, d’ordre temporel, est appelée ‘jitter’.

jitter

.

.

Pour contrer ce problème, les constructeurs tentent de synchroniser les données dans un ‘buffer’ (mémoire) grâce à l’utilisation d’horloges de très grande précision (atomique pour certains…).

Dans ces conditions, il ne devrait plus y avoir aucune différence selon que les données proviennent d’un disque dur ou d’un lecteur CD. Mais c’est compter sans les problèmes des bruits divers, qui recréent du ‘jitter’ dans le DAC, après le ‘buffer’ !

.

Le problème du ‘bruit’ :

Dans un lecteur de CD, il y a forcément des pièces en mouvement. Même la meilleure mécanique CD produit du bruit : acoustique, mais également électrique et magnétique.

Le bruit acoustique (vibrations) est le plus immédiat pour l’utilisateur.

Cependant, ce sont les bruits électriques et magnétiques qui ont les effets les plus néfastes, lorsqu’ils entrent dans le circuit du convertisseur numérique-analogique : ils créent du jitter, même si le signal en lui-même en est exempt !

Il convient de noter que ce problème existe également dans les appareils équipé d’un disque dur classique. Mais cette ‘pollution’ sera infiniment moins présente dans un vrai serveur audio comme l’Innuos, que dans n’importe quel ordinateur !

Pour éliminer ce problème, il existe le disque dur SSD, qui ne comporte aucune pièce en mouvement. C’est la solution, onéreuse, choisie par Innuos avec son modèle Zenith MKIII.

.

Pour aller plus loin :

Comme nous l’avons vu, la pollution électrique provoque du jitter. Il convient donc de soigner particulièrement les alimentations, et de remplacer celles de faible qualité par des alimentations linéaires.

Dans ce domaine, le meilleur rapport qualité/prix se trouve chez SBooster, à partir de 299 € :

.

Sbooster-1

.

Cela concerne tant l’alimentation de votre serveur/streamer, que celle de votre DAC et de votre routeur (BBox et switchbox), car le signal audio y transite !

.

Autre élément important, le câble Ethernet (RJ45), qui doit être au minimum de catégorie 6 (CAT6), et idéalement en version blindée S/FTP.
Le câble Ethernet le plus important est celui qui rentre dans le streamer.

Si votre routeur est éloigné de plusieurs mètres, il faut insérer un switch Gigabit à proximité immédiate de votre streamer.

La qualité du câble entre le switch et votre routeur n’est pas critique. Ni celui entre votre routeur et un NAS.

Par contre, entre le switch et le streamer, je recommande de prendre un câble très court mais de grande qualité !

.

Le meilleur rapport qualité/prix est le Chord C-Line (60 € pour 1,5 mètre).

.

Dans l’absolu, ma référence est le Wireworld Platinum (850 € en 1 mètre). Le gain en terme de finesse et de scène sonore est inimaginable !

.

eng_pl_Wireworld-Platinum-Starlight-PSE-CAT8-Ethernet-LAN-2701_2